2e SSOE

Scénario du film

Scénario du film sur la 2e Semaine Sociale Œcuménique.

Du 5 au 11 octobre 2009 s’est tenue à Lviv la 2e Semaine Sociale Œcuménique. Elle était consacrée au thème de la responsabilité sociale. Les organisateurs ont voulu insister sur la dimension essentielle de la prise de conscience personnelle et collective par les membres d’une société qu’ils appartienent à une même famille humaine. Les organisations sociales, les Eglises, les écoles et universités, les services municipaux et régionaux se sont rassemblés afin de mettre en œuvre cette vision commune de la nation selon laquelle la fraternité est impossible sans la reconnaissance d’une paternité commune.

Lors de l’inauguration les représentants des autorités, du clergé, des organisations sociales, de la Fondation Renovabis, principal sponsor de la 2e Semaine Sociale Œcuménique, ont insisté dans leurs interventions sur l’importance de ces rencontres qui permettent d’agir en commun en vue d’aider les personnes les plus faibles, les enfants des rues, les personnes âgées, les handicapés, les personnes dépendantes de l’alcool ou de la drogue. Les partenaires et sponsors de cet événement étaient, outre Rénovabis, la Fondation Schuman, « L’Œuvre d’Orient », la Fondation Ukraine 3000, « Kerk in actie », la Fondation Bradley, le Secours Catholique français, et l’Eglise Evangélique d’Allemagne. Les co-organisateurs de cette semaine annuelle sont l’Institut d’Etudes Œcuméniques de Lviv, l’Université Catholique d’Ukraine, le Conseil municipal de Lviv, le Conseil régional et l’administration régionale de Lviv.

Dans le cadre de la conférence qui s’est déroulée la premier jour de la Semaine, les invités étrangers ont partagé leurs expériences d’organisation de ce type de dialogue social en Europe. Le père Piotr Mazurkiewicz, secrétaire générale de la COMECE à Bruxelles, est venu pour participer à la Semaine œcuménique et présenter les premières Journées sociales européennes à Gdansk qui se sont déroulées du 8 au 11 octobre.

Le deuxième jour de la Semaine Sociale Œcuménique a été consacré au thème de « La guérison des plaies du passé ». Pendant la première session du colloque les intervenants ont parlé du repentir et du rôle des Eglises chrétiennes dans le processus de la réconciliation des générations. Le père Borys Gudziak, recteur de l’Université Catholique d’Ukraine, a salué les participants du colloque. Les intervenants allemands, hollandais et français, comme le père Antoine Guggenheim, directeur scientifique du Collège des Bernardins à Paris, ont insisté sur le rôle important de l’Eglise pour la construction de la paix. Pour eux le christianisme, lorsqu’il est fidèle à ses racines évangéliques, est la source vitale de la non violence, du pardon et de la réconciliation. Adèle Dianova, directrice du centre juif Hessed Arié de Lviv, a rappelé que Lviv avait perdu les trois-quarts de sa population juive pendant la guerre, et a appelé au devoir de mémoire et à la vigilance.

Il faut parler du passé. Seuls la prise de conscience des blessures du passé, la capacité de regarder avec courage son histoire et le courage d’admettre et de reconnaître ses fautes donnent des fondements solides à un avenir amical. Une société qui donne la parole aux victimes comme en Afrique du Sud à travers les commissions Vérité et Réconciliation est une société qui se prépare un Etat fort. En Ukraine les Eglises peuvent donner l’exemple de la réconciliation en initiant le dialogue et l’écoute mutuelle.
Des représentants de diverses confessions – l’Eglise Orthodoxe d’Ukraine du patriarcat de Moscou, l’Eglise grecque catholique d’Ukraine, l’Eglise catholique romaine, l’Eglise orthodoxe autocéphale d’Ukraine, l’Eglise orthodoxe d’Ukraine du patriarcat de Kiev - se sont réunis pour parler des conséquences sociales des plaies du passé ukrainien. Ces intellectuels et hommes d’Eglise travaillent ensemble depuis plusieurs années dans le cadre de la Société Académique Chrétienne en Ukraine. Toutes leurs interventions s’accordaient sur le fait que l’Eglise dans le monde post-communiste devait former au respect de la dignité humaine, à la promotion des initiatives citoyennes, et au dépassement de la dépendance passive à l’égard du protectionnisme social de l’Etat.

La conférence s’est terminée par l’inauguration de l’exposition « La spiritualité persécutée » qui raconte comment les représentants du régime communiste détruisaient les Eglises, les religions et les cultes traditionnels en Ukraine dans les années 1920-1980. L’exposition a été présentée par Mme Kateryna Yushchenko, Première Dame d’Ukraine.
L’exposition, préparée avec le soutien du SBOU, service de sécurité de l’Etat ukrainien, est basée sur des documents d’archives, des photos, des ouvrages scientifiques et des témoignages oraux.

La journée s’est terminée par une pièce de théâtre intitulée « Nous sommes de retour », jouée dans une ancienne prison devenue musée en mémoire des victimes des régimes d’occupation.

Un des éléments essentiels pour aboutir à une conception familiale de « l’Etat-nation », qui ne soit pas un retour en arrière vers un Etat paternaliste, est le soutien aux initiatives du secteur social. Le Comité d’experts de la 2e Semaine sociale œcuménique a préparé un projet de loi pour le financement des organisations sociales à but non lucratif et a invité les principaux candidats aux élections présidentielles qui se tiennent en janvier-février 2010. Les quatre candidats principaux, Youlia Tymochenko, Victor Ianoukovytch, Victor Youshenko et Arséni Yatséniuk ont envoyé leurs représentants pour lire des messages de soutien à ce projet de loi.

Le député Stepan Kourpil a proposé de présenter le projet de loi sur la philanthropie sociale au travers de la commission d’intégration de l’Ukraine aux institutions européennes.
Les participants ont eu la possibilité de discuter de la collaboration de l’Ukraine avec des partenaires européens dans le secteur social. L’Ambassadeur d’Allemagne en Ukraine Hans-Jürgen Heimsoeth est venu rappeler l’importance des principes chrétiens de la démocratie. Ses propos ont été relayés par ceux de Daniel Schmidt consacrés au développement du secteur philanthropique aux Etats-Unis. Norbert Neuhaus, de la Fondation Schuman, est venu présenter la traduction en ukrainien de son livre sur la démocratie chrétienne. Dans le cadre des tables rondes il a été question de la politique du voisinage de l’Union Européenne, du rôle des structures ecclésiales européennes pour le financement des projets sociaux, ainsi que de l’éducation familiale en Ukraine.

La quatrième journée de la Semaine sociale s’est déroulée principalement à l’Université Polytechnique de Lviv. Le nouveau programme de mastère en études œcuméniques - mention Accompagnement médico-psychologique - a été présenté dans la salle des actes de l’université. Ce programme est un partenariat entre l’Institut d’Etudes Œcuméniques de Lviv, l’Université Polytechnique et la Fédération internationale « L’Arche », créée en France par Jean Vanier, et en Ukraine par Zénia Kushpéta.
Les membres de cette communauté forment une grande famille, et apprennent en vivant ensemble à partager leurs expériences, leurs connaissances, leurs savoir-faire. Les jeunes membres de l’Arche ont parlé de leur vie dans la communauté et de leur travail : ils fabriquent des colliers de perles, des bougies de cire, ou des cartes postales.
Les participants à la semaine sociale ont aussi eu la possibilité de visiter les différentes organisations sociales de la ville parmi lesquelles la Caritas, le Centre Contact de soutien aux enfants souffrant du syndrome Down. La journée s’est conclue par un concert de chants spirituels réalisés par des ensembles disposant de besoins spécifiques comme ce groupe de bandouristes malvoyants.

Oksana Vynyarska est la directrice pédagogique du nouveau programme unique en Ukraine d’accompagnement médico-psychologique. C’est une psychologue familiale du Centre de réhabilitation « Djerelo » créé à Lviv par Zénia Kushpéta.

Des tables rondes se sont tenues sur la question des prisons, de la santé publique, des personnes dépendantes, et de la relation des médias aux organisations sociales. Après la présentation par Olessya Byk de son travail de réhabilitation et de réintégration des prisonniers de la région de Lviv, l’évêque grec catholique de Lviv Mgr Ihor Voznyak a proposé à cette enseignante de l’université Polytechnique de venir enseigner à ses séminaristes qui se destinent au travail de chapelain dans les prisons.
La journée de vendredi était consacrée à la rencontre des entreprises avec les organisations sociales. Une cinquantaine d’entreprises et d’organisations sociales se sont retrouvées à la business school de l’Université Catholique d’Ukraine pour essayer de trouver un langage commun. Rouslan Kraplytch, de la fondation Vydrogénia à Kiev, est venu présenter la logique du fundraising dans ce domaine.

Samedi plusieurs centaines de jeunes sont venus participer à une journée de confiance organisée avec le soutien de la communauté œcuménique de Taizé. Le frère Georg est venu inviter les participants à se rendre à la rencontre européenne de Poznan à la fin du mois de décembre 2009. Des temps de prière et des rencontres ont eu lieu dans les églises catholiques, protestantes et orthodoxes de la ville. Mgr Augustyn, archevêque de l’Eglise orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Moscou, a accueilli tous les participants à se joindre à l’office de vêpres de l’église saint Georges.

Un concert de pop louange avec le concours d’artistes ukrainiens, russes et français a eu lieu au théatre Zankovetska. Les enfants de l’Arche de Noé, Kana, Ostap, Laure A., Reguina et le groupe Gethsémani ont appelé les jeunes à garder leur confiance en Dieu et à s’engager dans la société pour la gloire de Dieu et pour servir à la paix.
Les personnes et les institutions qui se sont réunies dans le cadre de cette deuxième semaine sociale œcuménique de Lviv, ont conscience que l’Ukraine est en mesure de bâtir un modèle de société responsable et solidaire. Pour inventer un tel modèle il y a un effort important à accomplir, tant sur le plan de la réflexion personnelle et collective que sur celui de la prise de décision en commun. Mais la compréhension mutuelle, la réflexion et la participation de chacun dans un tel débat, donnent une grande force : celle d’éviter que les mécanismes de la violence ne se reproduisent aussi facilement dans l’avenir.

La responsabilité œcuménique, c’est un appel à s’unir, non pas selon le modèle horizontal des soviets, ni selon le modèle libéral du chacun pour soi, mais selon le modèle partagé par les grandes religions de l’amour du prochain.